Une controverse sur la contraception met à mal la Maison Blanche

Barack Obama, le 19 octobre 2011 au nord de Chesterfield, en Virginie.

Barack Obama, le 19 octobre 2011 au nord de Chesterfield, en Virginie.AFP/Jay Paul

Le président des Etats-Unis Barack Obama a annoncé vendredi 10 février un compromis pour tenter de désamorcer une controverse sur le remboursement de la contraception, qui a mis son administration sur la défensive ces derniers jours.

Les entreprises gérées par des institutions religieuses, par exemple certains hôpitaux, censées offrir à partir du 1er août 2013 une couverture maladie à leurs employés, ne seront pas obligées d’y inclure le remboursement de la contraception si elles s’y opposent, a expliqué M. Obama lors d’une courte intervention à la Maison Blanche. En revanche, cette responsabilité incombera aux sociétés d’assurance-santé, qui devront fournir gratuitement l’accès à la contraception à leurs assurées dans ce cas, a précisé M. Obama face aux journalistes.

« Le résultat sera que les organisations religieuses n’auront pas à payer directement pour ces services », a-t-il plaidé. « Chaque femme doit pouvoir prendre elle-même les décisions lorsqu’il s’agit de sa santé », a affirmé le président, en défendant la volonté de son administration d’inclure le remboursement de la contraception dans la réforme de l’assurance-maladie qu’il a promulguée en 2010 et dont les clauses sont censées entrer progressivement en vigueur d’ici à 2014.

« UN PAS DANS LA BONNE DIRECTION »

Plusieurs responsables républicains, dont l’influent président de la Chambre des représentants John Boehner, se sont emparés de ce sujet ces derniers jours pour accuser M. Obama de se livrer à une attaque « systématique » de la religion, à neuf mois de l’élection présidentielle lors de laquelle le président démocrate va briguer un second mandat.

En pointe dans l’opposition à une disposition qui à ses yeux « va à l’encontre de la conscience » des organisations concernées, la conférence des évêques catholiques (USCCB) a estimé vendredi que l’annonce de M. Obama représentait « un pas dans la bonne direction » mais a réagi avec prudence.

« S’il semble que (l’administration) soit ouverte à répondre à certaines de nos inquiétudes, nous réservons notre jugement sur les détails (de ce dispositif) jusqu’au moment où nous les aurons obtenus », a ajouté le président de l’USCCB, l’archevêque de New York Timothy Dolan, qui doit être créé cardinal par le pape Benoît XVI le 18 février.

« LA LIBERTÉ DE RELIGION SERA PROTÉGÉE »

« En tant que citoyen et en tant que chrétien, je suis très attaché » à la liberté de religion, a affirmé vendredi M. Obama, en accusant « certains » de vouloir « faire de ce sujet un enjeu d’affrontement politique ». « La liberté de religion sera protégée, et la loi qui requiert des soins préventifs gratuits ne sera pas discriminatoire envers les femmes », a promis M. Obama.

L’association Catholics for Choice, qui milite pour le droit des femmes à la contraception et à l’avortement, a estimé « heureux » que l’administration Obama « ait choisi de ne pas complètement plier devant les évêques » catholiques, regrettant toutefois que le compromis repose « sur les sociétés d’assurance et donne la victoire aux évêques dans leur revendication de ‘liberté religieuse’ ».

Les féministes de Raising Women’s Voices (« Les voix des femmes s’élèvent ») ont quant à elles « remercié » le président Obama mais « regarderont avec attention si les assurances mettent en pratique » la couverture santé incluant la contraception.

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2012/02/11/une-controverse-sur-la-contraception-met-a-mal-la-maison-blanche_1641977_829254.html

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